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Film : Ponyo sur la falaise

Publiée le 19 avril 2009 à 17:03 par Cali

Présentation

 

Sosuke a cinq ans et vit avec sa maman Lisa, sur une maison en haut de la falaise. Son père étant capitaine d'un bateau, il ne le voit que peu et partage son temps entre l'école et les visites aux pensionnaires du foyer de retraités où travaille sa mère.

Un jour, il trouve un poisson rouge bien étrange, coincé dans un bocal. Décidé à le sauver, l'enfant l'adopte et le prénomme Ponyo. Sans savoir que ledit poisson est en réalité la fille d'un sorcier autrefois humain et de la Déesse de la mer. Fascinés l'un par l'autre, les deux protagonistes sont désespérés quand Fujimoto, le père de Ponyo, vient la récupérer de force. Mais Ponyo, telle la Petite Sirène, veut absolument devenir humaine et va s'enfuir, sans mesurer toutes les conséquences que la magie qu'elle détient va faire subir aux éléments...

 

 

Ponyo

 

L'humble avis de Rue du Buzz

 

Comme à son habitude, Miyazaki utilise la nature, les animaux et les enfants pour mettre en avant toute la responsabilité que l'humanité a sur la planète. Dans Princesse Mononoke, il décriait les ravages de l'homme sur la forêt et la nature. Dans Ponyo sur la falaise, il souligne le délicat équilibre entre la civilisation que nous avons construite et la mer.

La scène d'ouverture est fabuleusement magique. Fujimoto, le sorcier anciennement humain, répand ses Elixirs de vie au fond de l'océan pour donner naissance à des créatures variées. Miyazaki n'hésite pas à redonner vie à des poissons datant de centaines de milliers d'années. 

 

Rien que pour Ponyo, le film vaut la peine d'être vu. Chaque fois que la petite fille découvre un nouvel objet sur terre, son ravissement tirera des sourires aux plus sceptiques dans la salle. De la lampe au jambon, en passant par la soupe aux pâtes ou à la serviette, ses exclamations de joie ne sont pas seulement dues à l'innocence propre à l'enfance. C'est aussi une façon pour nous adultes de nous souvenir que les choses insignifiantes ont une valeur toute particulière. Sa façon adorable de s'endormir après avoir épuisé tout son enthouiasme et ses pouvoirs magiques à rendre service à Sosuke sont un enchantement. 

 

Fujimoto est un personnage très intéressant du film, dégoûté du genre humain, et tiraillé entre son amour pour sa fille, et sa peur panique de la voir contaminée par la cruauté et l'indifférence propre à l'Homme. Il a été dessiné fatigué, les traits tirés et le visage creux. Pourtant, l'énergie qu'il déploie pour conserver sa délicate beauté à l'océan semble issue d'une source inépuisable. Il est rare de réussir à rendre, dans un dessin animé, l'incandescence d'un personnage et une énergie vitale aussi forte. Et pourtant, Fujimoto en est l'exacte incarnation. Il brûle pour son destin, et ne vit que pour la cause qu'il veut défendre. Un écologiste engagé à sa façon, moins violemment que certains dans la vie réelle et beaucoup plus concrètement.

 

 

fujimoto

 

Miyazaki sait mettre en parallèle la simplicité et la technologie de façon subtile, sans jamais en faire des tonnes. Les hélicoptères et bateaux sophistiqués n'arrivent ni à braver les élements, ni à retrouver les pensionnaires du foyer de retraités engloutis lors du tsunami provoqué par Ponyo en s'échappant. C'est Sosuke avec son petit bateau-jouet propulsé par la chaleur d'une bougie et agrandi par les pouvoirs de Ponyo, qui va se révéler capable de les retrouver. Le passage dans le tunnel ne manquera pas de rappeler le même symbolisme déjà utilisé dans le Voyage de Chihiro du passage de l'enfance innocente à une autre perception du monde.

 

 

ponyo-bateau

 

Après réfléxion, ce parallèle entre simplicité et technologie peut aussi s'appliquer sur la réalisation du film. Alors que les Pixar et Dreamworks dépensent des millions en technologie toujours plus pointue pour faire des films en 3D, Miyazaki nous inflige une véritable claque avec sa réalisation en 2D, basée sur des aquarelles. La fluidité de certaines scènes laisse pantois, quand on voit le nombre de détails présents dans le dessin !

 

Conclusion

 

Il est de ces films rares qui nous font retrouver, l'espace de quelques heures, notre âme d'enfant. Ponyo sur la falaise en fait partie. Poétique et intelligent, sans prétention mais pourtant magique, il nous emmène dans le monde merveilleux que Miyazaki sait si bien construire autour de chacune de ses oeuvres. On y retrouve la magie du Château Ambulant, la vision enfantine du monde confrontée à sa dure réalité déjà présente dans le Voyage de Chihiro ou encore l'idée d'un monde parallèle au nôtre déjà vu dans le Royaume des chats.

Hayao Miyazaki est un génie humble et merveilleux, et on n'a pas peur de le dire.

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