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Publiée le 14 mars 2009 à 10:16 par Romain
Caprice, gonflage de chevilles ou bien ego surdimensionné ? Un peu des trois à la fois.
Le 12 mars s'est ouverte l'exposition "Le Grand Monde d'Andy Warhol" au Grand Palais. La veille, quelques journalistes autorisés à visiter en avant-première avaient remarqué les 4 portraits de Yves Saint Laurent peints en 1974 par l'artiste, sur un mur spécialement dédié aux couturiers. Le mur en question est spécialement placé pour être visible de très loin ; autant dire que les toiles accrochées à cet endroit sont des pièces incontournables de l'expo. Outre Yves Saint Laurent, on trouvait donc au même endroit Hélène Rochas, Giorgio Armani et Sonia Rykiel.
Le lendemain, à l'ouverture officielle de l'expo, les toiles avaient disparu. Que s'est-il passé ? Tout simplement une crise d'ego.
Les quatre toiles appartiennent à Pierre Bergé, dirigeant la fondation du même nom (Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent). Or ce dernier a exigé le droit de placer ses toiles là où il le souhaitait, et a été clair là-dessus : "il ne faut pas ménager les torchons et les serviettes". Sympa pour les collègues. Plusieurs problèmes : on ne peut accrocher et décrocher des toiles comme ça, les contrats, et l'emplacement.
Pour le décrochage/accrochage, des toiles de ce prix nécessitent la présence du conservateur et d'un régisseur, chargé de vérifier l'état de la toile après voyage en présence du transporteur. La moindre manipulation nécessite donc la présence des trois parties, notamment celle du convoyeur, reparti à l'étranger entre temps...
Deuxième point : les contrats de prêt. Ils peuvent effectivement spécifier des conditions particulières de placement, de sécurité, de conservation. Or ici, aucune clause spéciale n'a été mentionnée.
Troisième et dernier point : l'emplacement. Le propriétaire de l'oeuvre a exigé que celle-ci soit placée sur le palier d'un grand escalier par lequel on accède au premier étage de l'exposition. Demande refusée par le commissaire de l'exposition : un tel lieu de passage soulève quantité de poussière, et l'humidité n'est pas contrôlable. Conséquences : de gros risques de dégradation de l'oeuvre. Contre-proposition de Pierre Bergé : mettre les portraits de Yves Saint-Laurent non pas avec les couturiers, mais avec... les artistes. Car "Saint Laurent doit être classé parmi les artistes, et non parmi les couturiers". Sympa pour les collègues, une nouvelle fois. Nouveau refus du commissaire : cela obligerait à déplacer plusieurs autres toiles, et donc à partir dans des démarches de demandes d'autorisations et de négociations avec les propriétaires des autres oeuvres.
Conclusion de Pierre Bergé : "décrochez-les". Le commissaire de l'exposition, obligé d'obéir au propriétaire, ne fera qu'une remarque sur le mépris de son travail, avant de regretter qu'une telle décision ait été prise.
Commentaires pour l'actualité Expo Andy Warhol : Yves Saint Laurent trop bien pour être mis avec les autres
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